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Mars : la folle traque des échantillons menée par une entreprise française


2031, l’Odyssée de l’espace ? Sur le papier, la mission Earth Return Orbiter semble folle. Dix jours après l’atterrissage du rover Perseverance sur Mars, une sonde développée conjointement par l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Nasa sera chargée d’aller récupérer les échantillons prélevés par le robot durant la première phase de la mission, puis collectés au sol et mis en orbite martienne par un nouveau robot américain durant la deuxième phase de la mission vers 2026, nommée Sample fetch rover.

Cette troisième phase prévue en 2031 s’annonce très complexe, car il faudra repérer la très petite capsule contenant les échantillons, et dont la position ne sera pas connue précisément puisqu’elle aura déjà passé des années en orbite. « Localiser la capsule reviendra à repérer un ballon de football à 3 000 kilomètres, soit la distance Paris-Moscou », explique l’entreprise Sodern, membre d’ArianeGroup. Ensuite, la capsule sera capturée et ramenée sur terre pour permettre l’analyse des échantillons.

Environnement très brillant

Sodern est une pépite française, leader mondial de l’optronique spatiale et experte des viseurs d’étoiles qui permettent d’orienter les satellites ou les missiles balistiques. Elle vient de décrocher un contrat pour développer la Narrow Angle Camera, l’outil qui permettra de repérer le conteneur en orbite autour de Mars. « La caméra développée sera à la limite de l’état-de-l’art », assure-t-on chez Sodern.

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L’outil sera installé sur l’orbiteur de la mission Earth Return Orbiter, développé par Airbus Defence & Space. Il « aura un champ de vue très étroit afin de ne pas regarder directement la planète rouge et de réduire sa luminosité sur le capteur de la caméra », explique Sodern. L’environnement de l’orbite martienne est en effet très brillant, avec « un fond dynamique d’étoiles extrêmement lumineux », rendant la localisation d’un petit objet peu brillant encore plus difficile.

« Les deux tiers de la longueur de la caméra seront constitués d’un baffle, c’est-à-dire un pare-soleil complexe recouvert d’un noir profond pour éviter les potentiels reflets de lumière parasite », poursuit Sodern. Ainsi équipé, l’orbiteur pourra repérer la capsule, qui sera 400 fois moins lumineuse que ce que l’œil humain peut détecter. La caméra doit être livrée en 2024 pour être intégrée ensuite sur la sonde.

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