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« L’efficacité de l’action publique passe par la transparence »

LA TRIBUNE- Malgré la pandémie, vous allez présenter une nouvelle feuille de route pour le numérique de l’Etat. Quels sont les principaux axes de ce nouveau chantier ?

AMELIE de MONTCHALIN- Notre objectif est avant tout que les engagements du Président de la République soient tenus. Nous transformons l’action publique pour transformer le quotidien des Français. Il s’agit de s’assurer que l’on ne s’arrête pas au vote des lois, comme on l’a trop souvent fait dans les quinquennats précédents. Nous mobilisons beaucoup d’outils numériques pour qu’elles s’appliquent plus rapidement, pour que nos engagements soient tenus partout en France et pour tous les Français. La transformation numérique est là pour servir un projet politique : faciliter la vie des Français et des agents. Ce projet n’est en rien arrêté par la crise sanitaire, au contraire.

 Pour nous, l’efficacité de l’action publique passe par la transparence, notamment par une ouverture plus importante des données publiques et des algorithmes. Nous allons ouvrir 60 nouveaux jeux de données et codes sources, et demander à chaque ministère de produire une feuille de route sur la gouvernance, l’ouverture, et la valorisation de leurs données et codes.

S’agissant de la mise à niveau numérique de l’Etat, nous accélérons le mouvement. Tous les agents dont les fonctions sont télétravaillables doivent être équipés d’un ordinateur portable en 2021. 160.000 ordinateurs ont déjà été déployés sur les 12 derniers mois. Le numérique est essentiel au travail des agents. Le numérique doit aussi rentrer dans les services publics de la vie quotidienne des Français. 75% des démarches les plus fréquemment utilisées par les Français sont disponibles en ligne, notre objectif est de 100% en 2022. Nous avons musclé la plateforme FranceConnect, qui permet aux usagers de se connecter aux services publics en ligne plus facilement et avec des formulaires préremplis. Il s’agit de simplifier les démarches pour Pôle emploi, la CAF ou même les procurations en ligne pour voter. Aujourd’hui, 20 millions de Français utilisent FranceConnect. Enfin sur le plan des ressources humaines, nous allons renforcer nos capacités à recruter pour le numérique de l’Etat avec des développeurs, des designers, des data scientists. Il faut que le secteur public retrouve de l’attractivité et sa capacité à attirer des talents sur le numérique notamment.

Des récentes révélations sur les fuites de données administratives et médicales parfois ultrasensibles concernant 500.000 patients français et issues de plusieurs laboratoires ont jeté une lumière crue sur de graves manquements. Comment faire pour éviter que cela se reproduise ?

Le président de la République a récemment rappelé l’importance de la cybersécurité. Nous allons présenter une stratégie pour que les données des Français soient sécurisées et maîtrisées. La stratégie cloud que nous allons bâtir doit en effet garantir notre souveraineté et la protection des données des Français. Les données de nos concitoyens doivent être à l’abri des lois extra-européennes, en privilégiant leur stockage dans des centres et des opérateurs européens. Les enjeux de la cybersécurité sont majeurs car ils agissent sur la confiance. Cette confiance se construit sur la transparence et la sécurité.

Avez-vous fait appel à des opérateurs privés via un appel d’offres pour bâtir ce cloud souverain ?

Il est nécessaire que les administrations aient le choix. Ces choix doivent dépendre évidemment des projets. Les…




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