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les journaux, otages de Google, négocient en ordre dispersé

La presse s’est lancée à l’assaut de la forteresse Google. Refusant de laisser le géant du Net utiliser leurs articles sans les rémunérer, journaux et magazines bataillent depuis deux ans pour recevoir leur dû. Mais leurs troupes attaquent la place forte de Mountain View en ordre dispersé. L’origine du conflit tient en deux mots : droits voisins. Soit des droits d’auteur réservés à la presse pour la rémunérer de la mise à disposition d’extraits de ses articles ou vidéos.

D’un côté, les titres d’information politique et générale (IPG), regroupés au sein de l’APIG (Alliance de la presse d’information générale, dont la Tribune fait partie), qui fédère 283 représentants de la presse quotidienne nationale, régionale, départementale et hebdomadaire régionale, ont scellé un accord avec Google pour la rémunération de leurs articles. De l’autre, la presse magazine et spécialisée qui refuse le deal et maintient sa plainte. Au centre : les instances réglementaires françaises et européennes qui tentent de mettre tout le monde d’accord.

Fort de sa position ultra dominante – 92% du marché du search en 2020 –  et de son service Google News (Actualités en français) qui agrège les liens des articles de presse, le moteur de recherches est incontournable pour la visibilité des titres. En 2013, le puissant groupe allemand Axel Springer, éditeur des quotidiens Bild et Die Welt puis l’AEDE (Association des Editeurs de Journaux Espagnols) en Espagne ont tenté de s’en affranchir, en vain. Google a fermé son service News en Espagne et les éditeurs ont dû mendier un retour sur le service. Axel Springer a lâché l’affaire après avoir constaté une baisse de 40% de son trafic et 80% de celui issu de Google News. Et a perdu son procès en 2019 après avoir réclamé 1 milliard d’euros de droits d’auteur impayés depuis 2013.

Des déboires qui n’ont pas empêché le gouvernement australien d’édicter tout récemment un « code de conduite contraignant » (en cours d’examen par le Parlement) visant Google et Facebook avec à la clé des pénalités de plusieurs millions d’euros en cas d’infraction. La réaction du géant californien a été fidèle à ses habitudes : menace de fermer son service de search en Australie. Comme la nature numérique a horreur du…




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