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Avec la fin annoncée du papier, la presse voit la lumière sur le digital

Une annus horribilis. C’est ainsi que Jean-Clément Texier, président de Coficom et Ringier France, expert reconnu de la presse française, a qualifié l’année 2020 lors de l’événement la Presse au Futur. « Ça été très compliqué. On a perdu des dizaines de millions de chiffre d’affaires, 25% des points de vente étaient fermés et la publicité a disparu lors du premier confinement » confirme Pierre Louette, pdg du groupe Les Echos Le Parisien. En revanche, les abonnements numériques payants ont augmenté de +54% pour la filiale presse de LVMH. Le Monde a lui gagné 95.000 abonnés en ligne au premier semestre 2020 selon Mind Media.

Une tendance qui se vérifie pour la plupart des titres : le Point atteint 30 000 abonnés numériques (+42% en six mois), Courrier International 54 000 (+50%), Le Parisien 35 800 (+46%) et l’Obs 22 400 (+43%). Libération a plus que doublé ses abonnés digitaux depuis 2019, passant de 20 à 50.000 (objectif : 100.000 en 2023), soit environ 20% des revenus de diffusion, qui elle-même pèse toujours 70% du revenu global selon le directeur général Denis Olivennes. Les chiffres 2020 de fréquentation de sites de presse compilés par l’ACPM confirment cet effet booster du Covid : 2,7 milliards de visites en moyenne par mois en 2020 versus 2 milliards en 2019, soit une progression de 33 %, avec un pic en mars de 3,8 milliards lors du premier confinement. Quels que soient leur périodicité et leurs centres d’intérêt, les journaux ont vu arriver via le Web et les applis des milliers de nouveaux lecteurs désireux de s’informer sur l’épidémie et ses effets.

Reste maintenant à fidéliser ces nouveaux venus, dont une bonne partie a profité des promotions type 1 euro le premier mois proposées par beaucoup de titres. La pandémie a accéléré la transformation numérique des journaux pour ceux qui l’avaient déjà entamée, et forcé les autres à se mettre rapidement au diapason digital. Les deux grandes familles de la presse, quotidiens d’IPG (information politique et générale) et magazines, ne font pas face aux mêmes problématiques. Les premiers constatent depuis plusieurs années une érosion continue des ventes au numéro tout en voyant augmenter le nombre de leurs abonnés numériques.

Les paywall à la rescousse

Une tendance qui s’est fortement accélérée depuis le début de la pandémie il y a un an. Les seconds ont mieux résisté, mais vendent quand même beaucoup moins d’exemplaires que durant les années fastes et ont dû diversifier leurs sources de recettes. Le groupe Figaro (le Figaro, le Figaro Magazine, le Figaro Madame, TV Magazine, Jours de France) a procédé à la fusion de ses rédactions papier et numérique il y a trois ans. Aujourd’hui, le print représente la moitié du chiffre d’affaires du groupe mais toujours 70% pour le quotidien selon Bertrand Gié, directeur pôle news du Figaro. Il avoue d’ailleurs que le quotidien du groupe Dassault a bien mal débuté cette bascule vers le numérique. En 2008, on pouvait lire gratuitement tous les articles sur le site du quotidien. Un péché originel qu’ont commis également la plupart de ses confrères et concurrents. La presse a perdu la bataille de l’actu chaude comme on dit dans le jargon journalistique. Qui veut payer pour avoir une information plusieurs heures après qu’elle ait été publiée partout sur le Net et les médias sociaux ?

Après s’être aperçus que la publicité digitale générait des revenus bien…




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