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Aurélie Jean – La 5G, c’est aussi l’inclusion numérique

« La 5G permettra de regarder du porno en haute définition dans l’ascenseur. » Ces mots maladroitement choisis et profondément condescendants expriment un décalage profond entre la réalité et les fantasmes sur la 5G. Qu’on parle d’explosion de la consommation, de menace écologique ou de capitalisme à outrance, on attribue à la lutte contre la 5G toutes les missions et les combats… Pourtant parmi les arguments techniques en faveur du déploiement de la 5G, il en est un qui est rarement évoqué : l’inclusion numérique !

Beaucoup de choses sont dites, avec, admettons-le, des approximations et parfois en confrontant des choses qui ne sont pas comparables. Que ce soit dans la consommation énergétique de la 5G en réalité moins importante, le nombre d’antennes plus importantes pour la 5G mais profondément différentes, ou encore les rêves fantasmagoriques sur l’augmentation exponentielle de nos consommations inhérentes à la 5G, tout s’entend et se lit. Cela étant dit, à ce jour, aucune étude scientifique ne démontre les conséquences des ondes 5G sur le vivant. Quelques années seront nécessaires pour en définir clairement les effets, et en cela certaines précautions peuvent être discutées.

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Au risque de contrarier l’élu dans l’ascenseur, la 5G n’est pas une révolution de consommation mais bien de production. En facilitant et accélérant le transport d’informations en temps quasi réel pour permettre le suivi mais aussi les actions à distance. Que ce soit en médecine, en éducation, sur une chaîne de production, ou encore dans l’agriculture, ces données vont permettre de produire différemment et mieux. Suivre la consommation d’eau ou l’empreinte CO2 d’une entreprise peut responsabiliser davantage l’entreprise en question. De même, une analyse fine du marché sur des temps courts peut permettre à l’entreprise d’anticiper les besoins et de réduire la production superflue et donc polluante, voire revoir les modes de production. Une chose est certaine au vu des quantités futures de données transportées, il va falloir renforcer la sécurité des systèmes, tout en assurant encore plus l’application de la législation sur la protection des données personnelles. Cela étant dit, la 5G n’est pas la coupable de cette augmentation de données en temps et en espace, elle en est le facilitateur.

Enjeu social et économique

Avec 10 % des Français sans accès à Internet, seulement 50 % des foyers connectés à la fibre, et une 4G encore inégalement répartie, force est de reconnaître que l’égalité face au numérique dans l’accès à un réseau haut débit est un enjeu social et économique. Pour le télétravail, la télémédecine, l’éducation à distance, le développement digital de son entreprise, ou tout simplement la communication ; l’accès à un Internet de grande qualité est une brique fondatrice d’une inclusion numérique aujourd’hui indispensable. La 5G peut également permettre de remédier aux limites d’implantation (en termes de coût et de temps) de la fibre pourtant plus performante que la 4G, tout en la dépassant.

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La 5G rime assurément avec inclusion numérique. À défaut, une exclusion d’individus déjà injustement écartés économiquement, voire l’exil de Français vers des pays mieux équipés, renforcera la fracture sociale et économique de notre pays.


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